Entreprendre - Factory
A l’heure où le parlement débat de la mise en place d’un contrôle, par un tiers, des comptes des auto-entrepreneurs, ou certains à gauche (Intervention de François Hollande sur BFM TV) comme à droite, veulent remettre en question le régime de l’auto-entrepreneur dès 2012, il convient sans doute de s’interroger sur les vraies questions qui peuvent donner du sens au régime des auto-entrepreneurs.
J’affirme et je rejoints en cela l’analyse de Grégoire Leclercq, Président de la fédération des auto-entrepreneurs (FEDAE) que le régime des auto-entrepreneurs « n'est pas que l'application technique d'une simplification sociale et fiscale, il est avant tout le signe d'une nouvelle vague…», un changement de paradigme car le régime de l’auto-entrepreneur n’est autre que « l’ouverture d’une forme de droit à entreprendre », posé comme un principe, pour tous, quelle que soit sa situation, simple dans sa forme, souple dans son usage.
Mais qui dit droit, dit aussi devoirs et c’est à cet endroit que les points de vue divergent, au final, sur le fonds, bien plus que sur la forme, avec comme à l’habitude, une levée de corporatismes, d’intérêts partisans et de lobbys plus ou moins éclairés qui montent au créneau pour dénoncer plutôt que de s’emparer.
Que disent les chiffres :
Au 31 août 2011, la branche Recouvrement de l’ACOSS dénombre 738.400 comptes Auto-entrepreneurs administrativement actifs dont un peu plus du tiers ont réalisé un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards d’euros pour les 2 premiers trimestres 2011 pour1 milliard d’euros en 2009 et 3,2 milliards en 2010. (Source: Acoss communiqué de presse du 21/09/2011 : La mise en place de l'auto-entrepreneur, bilan au 31 août 2011 )
Un régime qui concerne près de 162.000 jeunes pour un seuil qui atteindra 1 million d'affiliés en mars 2012, va générer en 2011 dans son hypothèse médiane près de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, et a permis à l'Etat d'encaisser près de 600 millions d'euros de cotisations, selon la FEDAE.
A méditer...
Quitte ou double ?
Le sujet principal, celui que l'on oublie trop vite dans ces débats, est d'abord celui de l’entrepreneur, celui qu’il faut former plutôt que d’imposer, celui qu’il faut accompagner plutôt que de contraindre.
Alors on soulignera une initiative particulièrement intéressante, initiée par Françoise Savés, Présidente de l’IFEC (Institut Français des Experts Comptables et des Commissaires aux Comptes) avec le lancement l’e-centre des experts-comptables , un outil gratuit d’accompagnement des auto-entrepreneurs et une plateforme de mise en relation avec des experts comptables (déjà plus de 600).
Cette procédure totalement inédite et innovante en France, reflète une volonté de l'IFEC d’impulser une dynamique nouvelle en faveur de l’évolution et du développement des entreprises, sous quelque forme que ce soit, afin d’en dynamiser leur croissance, une initiative dont on ne peut espérer qu’elle inspire nos gouvernants en matière de réforme et qu’elle incite à en promouvoir d’autres exemples.
Je note par ailleurs que le Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables (CSOEC), comme de l’Union des auto-entrepreneurs (UAE) et de l’Union de la profession comptable et des organismes agréés (UNPCOGA) demandent le retrait de l'amendement en cours au bénéfice d'une concertation pour élaborer un projet de texte visant à proposer un diagnostic d'activité triennal des auto-entreprises, s'inscrivant dans le cadre d'un contrat de croissance. Ce diagnostic pourrait être effectué auprès d'un professionnel de la comptabilité ou d'un organisme agréé et le cas échéant d'autres partenaires comme par exemple les chambres de commerce et d'industrie.


Encore une fois, dès qu'une bonne idée - et les chiffres de création le confirment - voit le jour, on veut la tuer dans l'oeuf !
Certes le statut de l'auto-entrepreneur n'est pas parfait, mais ce n'est certainement pas à ceux qui l'ont adopté qu'il faut s'en prendre.
Il est clair, comme vous le soulignez justement, que le succès de ce statut n'est que le reflet de la volonté de création - au sens large - de nombre de nos concitoyens.
Et les actions de lobbying des certains corporatistes ne démontrent que leur réticence à vouloir évoluer.
Entrepreneur individuel depuis plus de 20 ans, je ne me sens nullement mis en péril par ces nouveaux entrants. Ce ne sont pas non plus des professionnels "au rabais" comme certains veulent le faire croire ; les "touristes" s'éliminent d'eux-mêmes, qu'ils soient auto-entrepreneurs ou pas.
Ceux que je rencontre au fil de l'accompagnement que je leur apporte, sont aussi motivés qu'un futur dirigeant de SAS et envisage avec le même sérieux leur activité et son évolution vers d'autres statuts.
J'y vois là, bien au contraire, un renouveau de l'esprit d'entreprise en France et cette nouvelle concurrence, devrait être mieux respectée, et considérée comme une source d'inspiration (certains auto-entrepreneurs n'hésitent pas à s'attaquer à des marchés innovants ou en en friche), plutôt que comme une concurrence déloyale.
Il peut être facile d'accuser les autres de ses propres faiblesses et de son incapacité à évoluer.
Les créations d'auto-entreprise en France montrent à l'inverse, qu'il existe un marché dynamique, une réelle volonté d'entreprendre, un vivier d'emplois (au moins le sien) et un espoir bien réel dans ce pessimisme ambiant et sciemment entretenu...
- Jacques Hellart
Rédigé par : Jackhell0 | 24 janvier 2012 à 11:24