A nouveau je réagis à un message que je viens de recevoir et qui m’a d’autant plus touchée que je n’imaginais pas cette éventualité. J’ai connu Florence dans la Caravane des Entrepreneurs par le biais de l’Association « K’elles énergies » qui aide les femmes et qu’elle a créée. Je l’ai d’ailleurs interviewée pour TV des Entrepreneurs car son dynamisme me semblait exemplaire. Comme elle le dit elle-même, elle a fait des erreurs et négligé sa propre entreprise par une forte implication au même moment dans l’association, mais un PETIT COUP DE POUCE lui aurait certainement permis de passer le cap difficile. Je vous livre tel quel son témoignage qui appelle beaucoup de réactions. Florence a pu reprendre un emploi, mais que deviendront les autres, comme TARA, qui n’ont pas cette opportunité ?
Maïté Debeuret
« Voici mon témoignage après avoir créé ma propre société il y a tout juste un an et démissionné de l’éducation nationale par choix et par envie d’entreprendre :
J’ai créé mon entreprise : SARL K-Fées Krème Consulting en novembre 2009 : agence de création d’événements professionnels, de création et d’animation de réseaux, j’aurais aujourd’hui beaucoup à dire sur les difficultés de la création d’activité au féminin. A savoir que je n’ai pas présenté de dossier à Entreprendre au Féminin pour mon entreprise cette année puisque j’avais déjà reçu le prix en étant associée à l’agence K-Fées Krème Déco et il me semblait important de laisser la place à d’autres femmes. Peut –être était-ce une erreur puisqu’aujourd’hui devant les difficultés à me vendre (alors que je sais très bien promouvoir et vendre les autres), je suis en train de penser à arrêter ma société et trouver une nouvelle voie professionnelle (grosse difficulté de trésorerie)
La première année, c’est beaucoup d’investissement pour se faire connaître et pour créer un climat de confiance, j’ai emprunté 18000 € avec un capital de 3120 euros au départ. Je suis majoritaire à 96 % par choix car je voulais moi-même prendre toutes les décisions et ne pas dépendre d’autres personnes.
C’est beaucoup de charges puisque j’ai donné plus de 6000 € la première année au RSI sans être rémunérée de l’année en attendant les régulations qui ne se feront qu’en décembre 2011 (beaucoup trop tard).
Après l’envie d’entreprendre, après avoir créé et animé bénévolement une association de femmes chefs d’entreprise : K’elles énergies, après avoir investi du temps et de l’argent dans une société K-Fées Krème Déco dans laquelle je suis toujours associée mais qui a connu également beaucoup de difficultés et de transformation, après avoir eu foi en mon projet de création d’activité en créant des événements afin d’aider les entreprises à se rencontrer pour favoriser les affaires et le business : www.klub-business.com, au vu de l’état de mon premier bilan, au vu des difficultés de vendre mes prestations de services, au vu de ma trésorerie, je suis fatiguée et je me sens très seule face à mes difficultés.
Vient aujourd’hui la désillusion, la fatigue, la solitude du chef d’entreprise. Je ne parle bien-sûr qu’en mon nom et en ma société mais je sais que beaucoup de créateurs d’entreprises et de créatrices passent par ce chemin. Je ne suis pas un cas isolé.
J’ai fait des erreurs et je les reconnais aujourd’hui :
- Créer une association et donner son temps au bénévolat en pleine création d’activité qui demande de l’énergie au départ
- Ne pas savoir se vendre et j’aurais du dès le départ prévoir de travailler avec un bon commercial
- Enfin, je pense aujourd’hui que mon projet demandait une structure et une logistique plus puissante et que j’aurais du présenter mon projet auprès des collectivités, de la région.
J’espère que mon témoignage vous aidera à prendre en compte les difficultés que vous connaissez certainement déjà. Une initiative de marrainage par des femmes beaucoup plus expérimentés est une très bonne idée et je pense aujourd’hui qu’il faut structurer et apporter un financement important à l’accompagnement aux femmes créatrices d’entreprise et exonérer les charges totalement tant que la société n’a pas les ressources suffisantes pour vivre.
Malgré tout mon désespoir aujourd’hui, je ne regrette pas cette aventure et cela m’aidera à avancer dans mes projets futurs. Je souhaite bonne chance à toutes les autres femmes qui tenteront cette expérience.
Je vous remercie pour avoir pris le temps de lire mon témoignage. » Florence


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