La question des 35 heures est reposée par les politiques. Il était temps.
A la tête de mon cabinet d'expertise comptable, qui employait à l'époque environ 600 salariés dont une centaine de cadres, j'ai vécu le passage aux 35 heures.
Après discussions avec le comité d'entreprise et les salariés nous avions fait le choix de passer aux 35 heures payées 39h, dans le cadre d'un accord aidé avec l'embauche de 45 collaborateurs complémentaires et des modalités particulières sur les horaires d'ouverture des bureaux et la gestion de la formation continue.
Grace à la concertation, tout se déroule bien en interne, sauf que le Ministère du travail, pour lequel nous étions précurseurs, traîne les pieds pour valider l'accord, nous fait perdre du temps et contribue à installer le doute dans l'esprit des équipes.
Quand l'accord est enfin mis en place, les nouveaux salariés sont embauchés.
Les équipes qui jusque là ne comptaient pas leur temps, regardent la pendule avec insistance, malgré l'accord d'intéressement. Les cadres perdent de la motivation et l'ambiance se dégrade.
Cette expérience malheureuse a activé ma volonté de vendre mon entreprise fin 2001.Je n'ai pas été le seul dirigeant d'entreprise a prendre ce type de décision à l'époque.
Les politiques devront revenir sur les 35 heures d'une manière globale.
Si des mesures ont été prises pour en amortir le coût, le prix de revient d'une heure travaillée est beaucoup trop élevé en France, principalement du fait du poids des charges fiscales et sociales.
La productivité élevée de l'heure de travail en France ( 100 contre une moyenne de 70,5 dans l'ensemble de l'Union Européenne) engendre un stress et une douleur au travail difficile à supporter.
Je pense, que le principal problème est que les 35 heures ont tué le goût du travail, même si 96% des français considèrent que le travail fait partie des valeurs importantes ( 84% en Allemagne et 80,10% au Etats Unis : étude Value Surveys Databank de 2006
Petit message d'espoir : la création d'entreprise a augmenté en 2010 par rapport à 2009 et nous savons bien que les chefs d'entreprises aiment travailler et ne comptent pas leur temps ( suivant l'Insee, en moyenne les agriculteurs travaillent 59H par semaine, les chefs d'entreprises et les commerçants 55h et les employés ou les cadres, 40 heures)
Bon courage au prochain Président(e) de la République.
L'exemplarité de « nos élites » sera déterminante pour non pas « détricoter les 35 heures »,mais remettre le travail au coeur de la vie des français.
A bientôt sur la Caravane des Entrepreneurs
Jean-paul Debeuret


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